Pas d’autres bruits que celui du ballon
et des chaussures sur le sol. Ici pour se comprendre, tout échange sonore est
superflu, les joueurs de Limoges ont développé leurs propres codes. Rayen : “Quand on sur tire le T-shirt, ça veut dire que les deux ailiers doivent se croiser les uns après les autres et ensuite on essaie de tirer et de marquer” L’équipe, composée uniquement de joueurs sourds, se veut à la fois soudée… et ouverte aux autres ! Victor : “Je trouve que ma vie est plus heureuse depuis que je suis dans une équipe signante. Je suis content d’être là. Je suis content d’échanger. Et puis aussi je me dis que c’est bien de montrer que les sourds sont là. On n’est pas en dessous. On fait des matches contre les entendants. On se débrouille bien, ça progresse” Des matches contre les entendants et chaque lundi soir depuis 4 ans un entraînement avec des entendants : les séniors garçons de l’équipe 3 du CAPO Limoges handball. Stan : “- On a de la chance au CAPO, on a un esprit de compétition, mais en même temps il y a encore de la place pour les gens qui veulent faire ce sport pour le plaisir. – et ils apportent des choses au club ? – oui tout à fait je n’ai pas du tout à m’en plaindre. Grâce à eux on gagne. donc aujourd’hui nous sommes premiers de notre pool.” Gagner c’est l’objectif du secteur sportif des sourds de Limoges. Ses performances s’affichent dans cette vitrine : Champion de France mais aussi vainqueur de la coupe de France et du tournoi international de handball sourds. Et derrière l’enthousiasme de la victoire, il y a la motivation des bénévoles une motivation qui ne s’essouffle pas à l’heure des tâches administratives. Vincent : “J’ai toujours rêvé de participer à une équipe constituée de sourds qui partageraient la même passion que moi. J’ai envie que cette action se développe, de pouvoir transmettre et que l’équipe s’agrandisse.” A seulement 19 ans Brian est membre du
bureau il est aussi responsable du site
internet de l’équipe une autre façon pour lui de mettre ses
compétences au service du collectif. Bryan : “Avant je faisais du foot avec les entendants, dans un club. Vincent a voulu développer ce groupe de jeunes sportifs sourds. J’a trouvé que c’était une bonne idée et tout de suite je suis tombé dedans. C’est ma passion.” Si les sourds s’organisent en clubs
avec des compétitions qui leur sont propre… c’est qu’ils se sentent mis à l’écart ! Souvent éloignés des compétitions
classiques en raison de leur surdité ils sont considérés comme trop valide
pour les épreuves handisport. Vincent : “Etre 9 ans dans un club avec que des entendants ça veut dire être mis de côté sans arrêt. Il n’y a rien qui est fait pour donner une chance à ses membres-là de progresser. Et c’est pareil après dans le reste des sélections à haut niveau souvent, c’est un gros problème” Loin des problèmes, le club limougeaud… entend bien conserver son titre de
champion de France et pourquoi pas voir bientôt certains de ses joueurs
sélectionnés pour les Deaflympics, les jeux olympiques des sourds.